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Un moment à la maison

par Nelly Boureanu

Après presque 2 ans j’ai passé mes vacances chez moi, en Roumanie. Je voudrais vous partager mon expérience, expérience qui peut être la même avec celle d’autres personnes comme moi. Je veux vous dire ce que signifie « Romania acasa ».

Quand j’étais dans les aéroports internationaux pour prendre le vol en direction de la Roumanie, quand je m’approchais de l’embarquement, quand j’attendais les gens qui parlaient en roumain, et plus souvent de la corruption et de leur mécontentement, tout cela m’indiquait que je me dirigeais vers chez moi et qu’on n’avait pas encore fini avec les « héritages » du passé.

La première réaction fut celle d’un blocage émotionnel dû à la discordance entre ce que je souhaitais entendre et trouver (surtout après mon absence de 2 ans et après l’intégration de la Roumanie dans l’Union Européenne) et la réalité que je commençais à percevoir.

Ensuite, l’impacte avec l’aéroport d’Otopeni : on a seulement changé son nom, ce qui crée des malentendus entre les agences de voyages et les touristes. Je me dis que je veux trop de choses et que des changements au niveau de l’infrastructure et de la relation clientèle et qualité services seront faits.
 
 
Ma famille m’attend. On commence à rouler sur les mêmes routes, les mêmes maisons, les mêmes coutumes. Je regarde par le parbrise de la voiture et je m’imagine ce que j’ai laissé en arrière : les routes, les maisons et les coutumes des français, des autrichiens… Dans des situations pareilles, je crois que tout le monde peut laisser derrière le sentiment « d’être chez soi » pour les avantages de la vie à l’étranger, pour le confort, la stabilité, la propreté.

On commence à causer ; de toute façon, pendant mes vacances tout ce que j’ai fait c’était de discuter, comparer, réfléchir à ce qui se passe, à ce qu’il y a à faire. Je m’attendais à des changements importants et moi, je retrouve, plus ou moins, la même mentalité économique, politique, sociale.

Dans la réalité, je trouve assez difficilement les correspondances pour les idées que j’avais au moment de mon arrivée. Je suis étudiante master spécialisé dans une école commerciale de France, je veux faire des choses. Je suis venue ici pour voir comment on peut appliquer ce qu’on étudie en France, je veux voir le milieu des entrepreneurs roumains. La lutte des idées commence, j’ai l’impression que ce que je veux faire est une petite goutte d’eau dans un océane immense, ensuite je me dis que rien ne peut m’empêcher de réfléchir, à imaginer, à espérer que je peux faire quelque chose ici, dans mon pays. A cause d’une chose assez simple : mon pays reste ma maison, mon chez moi. Malgré tout ce qu’on peut dire, l’endroit où on a passé son enfance reste toujours dans l’âme. C’est la maison de l’enfance, l’endroit où on a fait les premiers pas.

Même si les gens se plaignent encore, on est chez soi, c’est notre vie, et l’espoir en fait partie. De cet espoir résulte la détermination, la volonté de faire « quelque chose », de changer les choses. Une amélioration continue. Un concept qui a ses racines dans la qualité, la qualité totale – le Nouveau système de qualité – appliqué à la vie de tous les jours de son pays. Pour quoi on ne peut pas faire de la roue de Deming un modèle pour le système global roumain ?

Même si la première impression peut être de la tristesse, même si je parle de certains décalages, j’ai essayé de voir la « partie pleine du verre » ; ce qu’il faudrait faire pour que le changement soit plus évident, pour l’uniformisation au niveau économique européen. Si je m’attendais à plus – à faire plus et je veux croire et je CROIS que c’est ainsi que de nombreux Roumains pensent. Les Roumains de Roumanie et de diaspora. Maintenant, quand on est officiellement dans l’Union Européenne, il ne faudrait plus parler de différences ; au niveau économique, elles existent encore, mais je veux croire qu’elles disparaîtront. On les reconnaît, mais en même temps on cherche des solutions pour qu’elles disparaissent.

Un exemple, c’était trop évident pour qu’il m’échappe lors de ma courte visite, c’est les affiches avec les numéros qui commencent avec 08…. ; ces affiches dénoncent la corruption. Une solution : les centres de contact là où il y a des problèmes. Continuons à trouver des solutions, à diminuer les différences et peut-être personne voudra plus quitter son pays.

Ce que je veux dire c’est que si on est venu dans le pays avec la sensation que mes attentes soient encore loin d’être réalisées, que l’entrée de la Roumanie dans l’UE et 2 ans d’absence n’ont pas transformé la Roumanie au niveau des grands pouvoirs économiques. Parce que tout d’abord c’est l’histoire qui s’impose, parce qu’on aurait pu faire plus mais on ne l’a pas fait, parce que… toutes ces questions, toutes ces déceptions, je les ai oubliées après quelques jours. Le chaleur des gens, la croyance, l’énergie que dégage cette terre m’ont couvert et je me suis senti chez moi, et quitter ce pays est assez douloureux. Roumanie – chez soi c’est la sensation de cocon. Ca t’entoure, ça te protège et te donne la force d’aller plus loin, de continuer. C’est une sensation que, en tant que Roumain, on ne la trouve plus ailleurs.