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Interview avec l'équipe du Collège Juridique de Bucarest

1er prix pour l'équipe du Collège Juridique

 

le site du Collège Juridique

www.collegejuridique.ro

 

Interview réalisée à l’occasion du concours international d'arbitrage en droit économique organisé par Sciences Po et Clifford Chance

 

 

Les membres de l'équipe sont : Razvan Nanescu (4ème année), George Trantea (4 ème année), Bogdan Marculet (3 ème année), Catalina Constantina (3 ème année), Oana Bucur (3 ème année)

Rédaction : tout d’abord, félicitations pour ce prix ! Dites-nous en quelques mots comment s’est déroulé le concours (les participants, les concurrents, les épreuves, etc.)

Merci pour ces félicitations. Le concours consistait en une simulation d’un arbitrage international portant sur la privatisation de l’opérateur historique de télécommunications en France. Le cas pratique opposait l’Etat français à un investisseur nord-américain. Nous avons du franchir tour à tour 3 étapes :

  1. La sélection préalable. Nous ne savions pas au début combien d’équipes s’étaient inscrites. En fait, il y en avait 42, issues d’Universités du monde entier. Ces 42 équipes ont envoyé un mémoire, sous forme de conclusions, soutenant le requérant de l’affaire, c'est-à-dire l’Investisseur nord-américain.

  2. 16 équipes ont été choisies pour entrer dans la phase suivante du concours. Ces équipes ont été distribuées aléatoirement par binômes. Nous avons eu la chance d’être en binôme avec notre « grande sœur », l’Université Paris I. Les équipes de chaque binôme devaient échanger 4 mémoires entre elles, à l’identique de la procédure d’échange de conclusions dans un arbitrage international. Pour notre part, nous étions chargés de représenter l’investisseur nord-américain, tandis que l’Université Paris I représentait l’Etat français.

  3. 2 binômes ont été choisis pour participer à la phase finale des plaidoiries qui s’est tenue à Paris. L’autre binôme était formé des équipes de l’Université Paris II – Panthéon Assas et de l’Université canadienne Mc Gill. Nous avons du nous mettre dans les conditions d’un véritable arbitrage international en soutenant nos plaidoiries devant 5 arbitres prestigieux dont, notamment, M. Alain Juppé, ancien Premier ministre et M. Guy Canivet, Premier Président de la Cour de cassation.

L’impression générale a été celle d’un vrai arbitrage international. Nos adversaires et, plus important, les arbitres, sont très bien rentrés dans le rôle qu’ils jouaient et ont su recréer l’atmosphère d’un arbitrage international. Pour moi c’est ça ce qui a compté le plus : l’investissement sérieux de tous les participants à cette simulation.

Rédaction : Croyez-vous que le fait d’avoir gagné ce prix à ce concours vous aidera dans votre carrière ?

Nous espérons qu’il nous aidera. Déjà, le fait d’avoir participé nous a beaucoup apporté. Nous avons appris comment mieux travailler en équipe, dans des conditions de stress, le week-end, sur des questions portant sur de multiples branches du droit et …en langue française. Tout cela va nous aider dans notre carrière.

Ensuite, le fait d’avoir gagné va être décisif pour notre avenir, car le prix que nous avons remporté inclus un stage de 6 mois dans un des bureaux du cabinet Clifford Chance, l’un des plus prestigieux cabinets d’avocat du monde. Au cours de ce stage, nous aurons la possibilité d’apprendre beaucoup. Nous avons l’intention de le faire dans le bureau de Paris, afin de pouvoir poursuivre en même temps nos études de Master. Notre collègue de 3 ème année, qui a aussi remporté le prix, hésite encore sur la destination.

Rédaction : Quels sont vos projets professionnels ?

Notre équipe était composée d’étudiants de 3 ème et 4 ème année. Pour les 3 ème année, il y a encore un an de réflexion.

G.T. : Mon projet professionnel est très lié à l’ouverture offerte par les cours que j’ai eu dans le cadre du Collège Juridique Franco-roumain. Je veux continuer mes études en France pour pouvoir après travailler comme avocat dans un cabinet ou comme juriste dans une organisation économique internationale. Dans le même temps, je veux essayer d’entretenir une branche recherche à ce projet pour pouvoir aussi enseigner.

R.N. : Je me concentre sur mon projet de devenir un avocat plaideur à même de répondre aux exigences professionnelles de Roumanie et de la France - examen de barreau inclus.

Rédaction : Comment voyez-vous l’importance de l’année de la Francophonie en Roumanie ?

Depuis le début de nos études, la Francophonie c’est pour nous le quotidien. On peut comparer cela avec la théorie des cercles. Le premier cercle, c’est le sentiment d’appartenance au réseau du Collège juridique franco-roumain. L’année de la Francophonie nous permet d’aller plus loin, de passer du cercle du Collège à celui des Filières Francophones, des francophones de Roumanie à la Francophonie dans le monde.

L’année de la francophonie est une modalité de rencontrer d’autres francophones, de former une vraie collectivité au sein de la Roumanie.

 

par Bogdan Boboc