A l'occasion de l'exposition "Mot à Main"
interview avec Henri Gillet fondateur des "Nouvelles de Roumanie" |

Légende photo: Dolorès Sirbu-Ghiran et Henri Gillet, fondateurs des "Nouvelles de Roumanie" |
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Rédaction : Pourquoi cet intérêt ou cette passion pour la Roumanie, car il en faut pour faire ce que vous faites ?
Réponse: "Pour expliquer une passion ou une motivation, on a l'habitude de dire "Cherchez la femme". Eh bien, c'est le cas. Accouru comme journaliste en Roumanie aux premiers jours de la "Révolution", j'y ai rencontré une "révolutionnaire" qui, avec ses compagnons, m'a arrêté à l'entrée de son village, braquant d'un air féroce sa Kalachnikov sur ma poitrine. A cause de ma voiture qu'elle n'avait jamais vue (une Peugeot ordinaire de l'époque), elle me prenait pour un terroriste (... c'est à dire un membre de la Securitate !) descendu des montagnes proches où il s'était réfugié pour faire un mauvais coup. La méprise vite dissipée, elle m'a suivi quatre mois plus tard en France, après les premières élections libres qu'ait connues son pays, en mai 1990. Cette époque pleine de péripéties et d'évènements dans une Roumanie à la fois en ébullition et en détresse ne pouvait pas ne pas percer les cuirasses et les coeurs les plus endurcis. J'ai chaviré pour elle et son pays. C'était la moindre des choses car je lui étais très reconnaissant d'avoir laissé les siens et pris le chemin si difficile du déracinement. Ce journal est un peu l'hommage que je lui rends ainsi qu'à son pays. Ce qui me rassure, c'est que je suis loin d'être le seul Français ou Occidental dans ce cas. Les Roumaines sont vraiment redoutables...
Rédaction : Pourriez vous nous présenter votre publication, son contenu rédactionnel, son audience ...
Réponse: "Les Nouvelles de Roumanie" ont vu le jour voici un peu plus de six ans à la suite d'une frustration... celle de n'avoir aucune information suivie sur la situation de ce pays dans les médias, à l'exception des clichés qui lui font tant de mal, sont injustes et totalement réducteurs. J'ai réalisé alors que nombre de visiteurs francophones que je croisais au cours de mes voyages en Roumanie partageaient ce sentiment. L'heure de la pré-retraite arrivant, j'ai donc décidé de créer cette revue afin de donner la vue la plus exhaustive possible de ce pays et en permettre une bonne connaissance à tous ceux qui le pratiquent ou y sont attachés, avec le but qu'elle leur serve d'outil dans leurs relations avec leur amis Roumains.
La revue est divisée en trois parties: l'actualité (internationale, politique, économique, sociale), la vie de la société roumaine (évènements, vie quotidienne, faits divers, enseignement, environnement, santé, justice, religion, minorités, sports, etc.), connaissance et découverte (littérature, cinéma, musique, culture et vie artistique, sciences, médias, histoire, témoignages, échanges internationaux, Francophonie, humour roumain), le tout agrémenté de photos, de pages photos à thèmes et de caricatures extraites de journaux roumains.
Les articles se veulent efficaces, informatifs et se refusent à toute langue de bois. Au final, le lecteur doit avoir une vision assez complète de la Roumanie d'aujourd'hui, de son patrimoine et de son passé, et est armé pour discuter avec ses interlocuteurs roumains. Le contenu n'hésite pas à pointer du doigt les nombreux problèmes du pays mais met aussi en valeur ses différents et également nombreux talents.
"Les Nouvelles de Roumanie" comptent à l'heure actuelle un peu plus de 700 abonnés (France, Belgique, Suisse et une centaine en Roumanie), soit - il s'agit d'une estimation - entre 5000 et 10 000 lecteurs, la revue, dont le format est conçu pour être facilement photocopiable, circulant beaucoup dans les associations d'amitié franco-roumaine, les comités de jumelages, etc...
Rédaction : Comment voyez vous la place de votre publication à l'avenir et sa place dans le panorama de la presse francophone ?
Réponse: Nous n'avons d'autre ambition que de tenir notre rôle; la presse francophone est riche de nombreuses petites publications, très pointues dans leur domaine - beaucoup plus que les grands médias - qui font le bonheur des lecteurs passionnés par les thèmes qu'elles développent. C'est une fierté de répondre à leurs attentes et d'appartenir à cet univers qui permet une meilleure connaissance.
Toutefois, nous sommes bien conscients que le genre a ses limites... humaines. En dehors de quelques collaborations qui nous rendent bien service, surtout par leur qualité, nous sommes deux - ma femme et moi - à réaliser la revue (ce qui veut dire également édition, expédition, abonnements, comptabilité, gestion et administration, communication, etc.), ce qui nous prend chacun dix à douze heures par jour, y compris les week-ends. Les "vacances" sont utilisées à faire reportages, enquêtes et interviews en Roumanie, soit trois à quatre mois par an. Nous avons malheureusement abandonné l'espoir de trouver des collaborateurs permanents qui nous permettraient de souffler, car le profil recherché n'est pas évident: un Français doit bien connaître la société roumaine, un Roumain se mettre à la place d'un lecteur français découvrant son pays... chacun étant capable d'écrire en français dans un style journalistique.
Cela ne nous empêche pas toutefois de persévérer... tous simplement parce que on se demande bien ce que l'on ferait si, tout à coup, la Roumanie disparaissait de notre horizon.
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interview par François Renaut
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Fruit d'une longue et fructueuse collaboration entre le Musée National d’Art de Bucarest et la Délégation Wallonie-Bruxelles, une exposition retrace les relations entre écriture et peinture en Belgique francophone de la fin du 19ème siècle à nos jours. Elle présente des peintures, des dessins, des lettres, des objets explorent cette relation très particulière et caractéristique du domaine de l’art. Proposant des œuvres des plus grands artistes et plasticiens de Wallonie-Bruxelles : René Magritte, Pierre Alechinsky, Christian Dotremont, Serge Vandercam, Félicien Rops, Henri Michaux, Marcel Broodthaers...), l’exposition s’articule sur une série de sections qui met en évidence tantôt le passage du texte à l’image et, tantôt, de l’image au texte : "une image littéraire", "Le mot comme forme", "Le mot geste", "Texte concept". |
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