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Bucarest so French…

Après s’être intéressé au tourisme de loisir et à l’accueil des étrangers par la ville de Bucarest (voir article «Perdues à Bucarest » ), nous nous captivons aujourd’hui pour une autre minorité présente à Bucarest…Les étudiants et stagiaires français.

22h, un groupe de jeunes français se prépare à flâner dans les rues de la Capitale en quête de clubs à arpenter, de gens à rencontrer, le tout avec un sentiment d’allégresse et de légèreté relativement palpable… Cette scène est devenue indissociable du paysage du Bucarest by night du samedi soir.

Certaines questions méritent d’être posées… D’où vient cette recrudescence et que font ces jeunes français loin de leur terroir ? Et pourquoi la Roumanie ?

Depuis cinq ans, peut-être même un peu plus la Roumanie fait partie des pays accueillant un nombre d’étudiants et stagiaires français croissant. Lorsque l’on sait que 70% d'estudiantins de France continuant leurs aventures à l’étrangers sont concentrés en Europe (seulement 30% tentent de nouveaux continents) il fallait bien qu’une partie se retrouve en Roumanie. En effet la Roumanie et la France entretiennent des relations fortes dans tous les domaines depuis des siècles (culturellement, politiquement, …etc.) L'amitié, la solidarité et la fraternité ont toujours caractérisé ces rapports. Cela est de notoriété publique. De plus, la Roumanie fait partie des 49 pays ayant le français en partage et 51% (soit 2 250 000 étudiants roumains) apprennent le français… C’est certes très attirant et valorisant pour un français de savoir cela. Mais sincèrement, serait-il raisonnable de penser que cette génération d’étudiants globe-trotteurs pour la plupart ne dépassant pas les 26 printemps soit très affectées et au courrant des relations robustes qu’entretiennent France et Roumanie depuis toujours ? Qu’ils sentent profondément ce lien immanent entre ces deux populations ? Il ne faudrait pas tomber dans le mythe et l’illusion. D’autres raisons, certes moins utopiques amènent aujourd’hui nos juvéniles citoyens à découvrir la Roumanie. Un mot ou plutôt un nom à cela… UE.

En effet, parmis les raisons qui rendent compte de la pertinence d’un stage ou d’études en Roumanie, il y a l’hospitalité roumaine ainsi que sa situation géographique, c’est à dire pont entre les deux mondes que sont l’Orient et l’Occident…Mais ce qui vient après, c’est simplement le niveau de vie…Les Français bénéficient en Roumanie d’un niveau de vie plutôt élevé. De plus, de nombreux organismes nationaux et européens permettent de plus en plus de bénéficier de bourses de stage et d’études à l’étranger. L’on sait qu’aujourd’hui la Roumanie se placera à la deuxième place au classement mondial en 2007 des dépenses des visiteurs étrangers, avec une hausse de 19,9 %, et ainsi l’on peut supposer que les aides boursières des programmes européens vers la Roumanie vont contribuer à faire perdurer une si bonne place à ce classement…

Ainsi en France différents moyens sont mis à la disposition des étudiants et futurs stagiaires désirant s’expatrier le temps d’un semestre ou de quelques mois suivant le statut des stages. Avec l’aide et le témoignage de quelques-uns un de ces « émigrés » français voici un récapitulatif de la situation à l’heure actuelle.

Nos jeunes « cobayes » sont présents sur le sol roumain depuis un mois seulement pour certains ou depuis six mois pour d’autres, et pourtant l’impression générale qui s’en dégage est la même, c’est du bien être… Les français se sentent très bien à Bucarest….Pour sortir c’est très simple il y aura toujours d’autres français à trouver dans la ville et pleins de personnes à rencontrer, de plus, pour se loger et se nourrir, entre les aides financières et les prix bien plus bas qu’en France, tout le monde s’en sort vraiment bien…. En revanche tout n’a pas toujours été aussi facile… En effet, un départ pour plusieurs mois à Bucarest, cela ne se prévoit pas deux jours avant…Entre les stagiaires qui doivent trouver leurs entreprises et les étudiants qui doivent se saturer de papiers administratifs, il y a de quoi renoncer en chemin… Certains sont chanceux ; Les entreprises viennent quasiment les chercher dans leur formation…tel est le cas d’Adèle, 20ans, à Bucarest depuis un mois pour un stage de commerce international… «Je travaille pour la société Alstom, dont le siège social est à Belfort, près de chez moi. Le DRH est venu nous présenter l’entreprise et j’ai gardé son mail ». D’autres téléphonent, envoient des mails et cherchent avec énergie, parfois un peu plus longtemps... Après, vient la question du logement…S’il est vrai que le financement n’est pas trop malaisé, la recherche en revanche peut être un peu plus ardue… Trouver un logement pour seulement quelques mois, sans parler la langue et sans tomber dans les frais des hôtels peut se révéler digne de la quête du Graal… Reste le moyen le plus répandu dans ce cas là…la colocation. La méthode la plus efficace est alors la recherche sur Internet ; en effet s’est crée sur le Web un vaste réseau de jeunes français qui se cherchent mutuellement des colocataires. Et c’est ainsi que, cachés dans les blocs de Bucarest, l’on peut trouver de petits appartements dissimulant des français vivant à plusieurs et passant alors un très bon séjour…D’autres ont eu plus de facilités, telle Eva, 20 ans, en stage de communication des entreprises et présente elle aussi sur Bucarest depuis un mois, qui a eu la chance d’être logée par son patron.

Après l’entreprise ou l’université, et le logement, enfin trouvés, comment financer mon voyage… ? La question fatidique que se pose le jeune…

C’est ici que l’on introduit ce qui était donc évoqué précédemment… les organismes. Ces bons samaritains qui au nom de l’Europe, de l’Education française ou encore de la Région vont permettre à nos néophytes français d’aller « étudier à l’étranger », La fierté française ! Etat qui peut se prévaloir d’envoyer chaque année des milliers d’apprentis dans le monde entier !… (L’on peut tout de même noter que la Roumanie est dotée de pas moins de 120 programmes d’échanges internationaux.) Nous connaissons tous ERASMUS, qui par ailleurs fête ses 20ans cette année 2007, dont le principe est très simple, trouver une université d’accueil qui a un partenariat avec son université de base pour qu’ainsi le diplôme soit validé. Mais il y a encore beaucoup d’autres programmes plus ou moins méconnus, tel LEONARDO : Ce programme européen est réservé aux étudiants voulant faire un stage dans le cadre d’un BTS, avec seulement certains pays autorisés. Il y a aussi des organismes comme DYNASTASE qui donnent des bourses provenant des conseils régionaux ou généraux… Enfin, par l’état il peut y avoir les bourses plus connues comme le CROUS. Il y a enfin les V.I.E et V.I.A qui sont elles aussi spécialisées dans l’envoie de jeunes en quête de professionnalisation. Les montants offerts par les bourses varient d’un organisme à un autre et diffèrent selon la durée du séjour et selon les activités menées sur place (stage ou étude) mais l’on sait que la moyenne des bourses accordées pour la Roumanie est en France de 837 euros.

Une fois toutes ces éprouvantes étapes que sont les recherches de financement, de logement et d’entreprises, passées avec succès par les plus audacieux, voici l’heure du départ pour les quelques téméraires qui ont tenu le coup jusqu’au bout.

C’est alors que commence une véritable aventure, riche en rencontres de tous genres et en occasions de découvrir un nouveau mode de vie…et surtout (apparemment) de beaucoup s’amuser.

Ainsi, si l’on demande à nos intrépides français si ils retourneront un jour à Bucarest c’est un oui général et sans hésitation. Bien sur les objectifs ne sont pas les mêmes, certains veulent y retourner pour le loisir, d’autres encore tenteront d’y trouver de nouveau une expérience professionnelle… Nous souhaitons donc bon courage et à très bientôt à nos français de Bucarest, en espérant qu’ils ne soient pas déçus lorsqu’ils reviendront dans quelques années et que leurs paquets de cigarettes sera au même prix qu’en France…

par Swann